PAROISSE

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NOTRE-DAME-DES-NEIGES DE MASSON

La paroisse de Masson fut érigée à cet endroit à cause de la rivière de La Lièvre. Cette dernière se jette dans la rivière des Outaouais par un estuaire large et profond appelé le Bassin de la Lièvre où pouvait remonter aisément les bateaux à vapeur. Cette facilité de navigation a fait la fortune de Masson.

En effet, les deux grandes scieries des compagnies McLaren et Ross, de Buckingham, profitant de la pente rapide du terrain, ont construit deux petits canaux en bois appelés «slides», longs de quatre milles, par lesquels les planches et les madriers étaient portés rapidement et presque sans frais jusque sur les bords du Bassin d'où les barges les transportaient autrefois à Montréal et aux États-Unis. Les vastes cours de bois du Bassin donnaient de l'emploi à un certain nombre d'ouvriers pendant toute la saison d'été. De là, l'origine du village de Masson.

Un comité de citoyens fut formé en 1886 et les assemblées commencèrent. Il y avait une volonté collective d'ériger une paroisse au Bassin de la Lièvre. Le premier décembre 1886, monsieur Georges-Alphonse Dugal fut nommé président du « comité de séparation ».

Ces hommes et leurs concitoyens déployèrent une énergie vraiment extraordinaire, puisqu'à cette époque ils étaient obligés de payer des taxes, les uns pour le presbytère de l'Ange-Gardien, les autres pour l'église de Buckingham. Ils se mirent donc à recueillir des fonds pour se bâtir une église.

De simples citoyens sous la direction de monsieur G. Alphonse Dugal, ont pris l'initiative d'écrire à l'archevêque d'Ottawa dans le but d'obtenir une paroisse distincte mais le curé de Buckingham ainsi que celui de l'Ange-Gardien ne voyaient pas d'un bon oeil l'érection d'une nouvelle paroisse. C'est pourquoi cette séparation d'une partie du territoire de la paroisse de l'Ange-Gardien et d'une partie du territoire de St-Grégoire n'est pas l'oeuvre de prêtres ou de religieux mais bien de laïques.

Monsieur M. G.A. Dugal


Monsieur Dugal était un homme à l'emploi du Canadien Pacifique où il occupait le poste d'agent de gare. Il donna sa démission à cause de son implication paroissiale. Il fut une personne importante pour notre paroisse: il a été maire, président de la Commission Scolaire et président-fondateur de la société St-Jean-Baptiste.

Ce n'est qu'à partir du 20 avril 1887 que le comité de « séparation » devient le « comité de construction ». Les événements se précipitèrent. L'année 1888 fut une année d'intense activité. Les travaux de construction de la nouvelle église se poursuivirent toute l'année au coût de $3 500,00 et les conditions de paiement étaient les suivantes: $500,00 durant la construction et $300,00 à chaque vente annuelle de bancs jusqu'au paiement total de la somme. L'église comptait 100 bancs au total.

Les principaux revenus pour l'église étaient la vente de bancs (chaque famille achetait son banc d'église à l'époque au coût de $3,00 par année) et les bazars. L'idée des bazars n'est pas d'aujourd'hui, puisque le 10 juin 1889 avait lieu le premier bazar paroissial, sans doute pour payer la construction de la première église et amasser des fonds pour payer le support du premier curé. En amassant la somme de $338,00, les citoyens firent la preuve qu'ils étaient prêts à acceuillir un prêtre. Ils formulèrent ce souhait dans une lettre que monsieur Dugal écrivit à Mgr. Duhamel.

Le 2 juin 1890, Mgr. Duhamel fit part aux paroissiens qu'aussitôt que les paiements pour la construction de la nouvelle église de Buckingham ainsi que de l'église et du presbytère de l'Ange-Gardien d'Angers auront été faits par les catholiques habitant le territoire de Notre-Dame-des-Neiges Masson deviendrait autonome. En attendant, ils prescrit aux paroissiens de payer aux prêtres chargés du ministère pastoral tout casuel et autres droits dus au curé les exemptant ainsi de les payer aux curés de Buckingham et de l'Ange-Gardien.

Masson est toujours une mission jusqu'au 20 décembre 1900 ou le décret fixant les limites de la nouvelle paroisse est promulgué et lu publiquement. Il aura fallu plusieurs années pour faire reconnaître officiellement les limites du territoire de la paroisse.




Références: fascicules du centenaire